J’aime lire les journaux. Souvent, ça me permet d’apprendre des choses que personne ne sait.
Par exemple, samedi le 15 octobre 2011, le Journal de Québec (qui prend de plus en plus des allures d’organe officiel) présente un sondage dans lequel on confirme l’amour inconditionnel des gens de Québec.
On confirme le taux de satisfaction (85%), la confiance (84%)… bref tout baigne.
Quant à la réduction du nombre d’élus… 82% des répondants seraient d’accord avec le plan Labeaume de réduire de 27 à 21 le nombre de conseillers. Mais le diable est dans les détails… il est amusant de lire que la firme Léger Marketing déclare « lorsqu’on explique aux citoyens la position de la Ville et son hypothèse que cela permettrait de gérer des fonds publics de manière plus efficace, dans cette optique, 8 sur 10 citoyens appuient la proposition ».
D’une redoutable objectivité ce sondage…
Donc, le sondeur prend soin d’expliquer que tout sera plus mieux, alors êtes-vous tu pour? Bien entendu! Qui peut s’opposer à la vertu, présentée ainsi?
Mais la cerise? Quelques extraites de la chronique de J. Jacques Samson qui font sourciller (sinon tousser):
« L’actuel maire de Québec exerce une autorité absolue parce qu’il a été élu par 80% des électeurs.»
Ça l’air vrai… mais c’est faux. C’est 39% des électeurs (79% en faveur de Labeaume, taux de participation de 49%… ça fait 39). Ce type de «léger détail» tend à conforter l’idée que tout le monde pense la même chose à Québec. Ce qui n’est ni rigoureux, ni exact. Sans compter le fait qu’il accepte volontiers ici le principe de l’autoritarisme absolu…
« Les élus ne peuvent pas prétendre parler au nom des citoyens de leur district. La population s’exprime à travers les nombreux sondages d’opinion, sur les tribunes publiques, dans des manifestations à l’occasion, comme ce fut le cas le 2 octobre 2010 sur les plaines d’Abraham, pour appuyer le projet d’amphithéâtre et le retour d’une franchise de la LNH. Les élus s’expriment au nom de leur formation politique: les citoyens parlent en leur propre nom.»
Eh bin.
Deux cents ans de parlementarisme à la poubelle. Ce qu’ils ont été cons de lutter pour ça, quand même!
La démocratie est précieuse. On tente visiblement de nous faire croire le contraire…

bravo, pour l’autre côté de la médaille.