Pas facile de faire sa place à l’écran. Parlez-en à ma troupe de Prenez garde aux chiens… nous végétons dans les corridors des dépôts de projet depuis des mois et des mois. C’est long. Trop long.
Voilà pourquoi, quand on apprend que Marc Labrèche aura été un gros 17 minutes sans émission d’humour à la télé… on a un petit pincement de coeur. Non pas qu’on en ait contre le bonhomme. Du tout. Il a ce que peu de gens ont: une touche unique.
Mais, c’est encore et toujours les 14 mêmes que nous voyons, jour après jour, à la télévision.
C’est d’autant plus décevant quand on vient de Québec, qu’on habite Québec, par choix, pour vivre dans notre ville natale de voir ce qui se dessine à l’horizon. C’est dur la télé. Particulièrement à Québec.
Pour tout dire, j’ai animé un bulletin de nouvelles pendant plus de deux ans à TQS-Québec. TQS n’existe plus. Les nouvelles non plus. Nous avions pourtant inauguré les locaux, dans St-Roch, tous excités par le look et l’emplacement. (on avait beaucoup rit, par contre, en apprenant que les responsables n’avaient pas pensé que le béton empêcherait la communication entre la salle des nouvelles et la salle des caméramans… Pas fort.)
J’ai animé une émission de politique à Québec, 1045, rue des Parlementaires. L’émission n’existe plus. Les ressources allouées par Télé-Québec à la production locale ne sont plus ce qu’elles étaient. On m’a même déjà confié, sans rire, que Télé-Québec formait désormais une relève qui ira, éventuellement, vers Montréal…
Non mais.
Un peu de combativité, bon sang!
Maintenant, c’est Radio-Canada Québec qui encaisse à nouveau les coups des choix budgétaires du gouvernement. Or, une production locale en santé n’est pas seulement bonne pour l’économie et les emplois. Elle est aussi essentielle pour la vitalité de la culture locale. Pas tellement populaire comme discours dans les corridors à Ottawa…
Il faudrait que certains perdent ce réflexe d’accepter, simplement, ce qui se passe. Ça commence parfois par de toutes petites choses. Par exemple: comment se fait-il qu’on ne décide pas de dire, à la radio de Radio-Canada Québec: « Voici maintenant vos nouvelles de la Capitale» plutôt que «vos nouvelles régionales»?
Quand on se comporte comme une capitale, on utilise un vocabulaire de capitale. On refuse de se contenter de former des gens pour qu’ils fuient vers Montréal (normal, ceci dit, qu’on puisse vouloir opter pour Montréal pour sa carrière, mais de là à accepter docilement de jouer le jeu…).
Il reste quoi? La radio? Oui, encore. Mais en télé?
Il reste Vox, qui brille comme un phare, toute seule, à favoriser encore la production locale (de la capitale devrions-nous dire). J’y ai passé 5 ans, des années de bonheur. Par chance qu’il y en a un diffuseur pour offrir une vitrine aux artistes d’ici, aux jeunes, aux acteurs politiques et économiques de chez nous, à la relève. Les moyens sont limités, mais c’est déjà ça. Ce sont les diffuseurs majeurs, comme Radio-Canada, TVA, Télé-Québec et V qui devraient briller comme des phares.
Ils en font tous, ceci dit, de la production locale. Mais, on se comprend, je crois…
Bref, c’est difficile de vivre de son métier de la télé, à Québec. C’est triste, car ce n’est pas le talent qui manque. Je connais des caméramans de génie, de vrais artistes, des techniciens compétents, des recherchistes dévoués, des journalistes qui aiment profondément leur métier mais qui ne peuvent plus en vivre…
Convergence, état des finances publiques, choix politiques, impératifs de toutes sortes… le dossier est complexe. On sait.

Ça ne veut pas dire pour autant que l’on ne peut se désoler de voir notre télé s’éteindre à petit feu.
Ça l’est.

Bon texte, rien à rajouter!!!